vendredi 11 novembre 2011

Science et stratégie de puissance (bis)

IHEST©Radio France
eMedia
L'ouverture du cycle 2011-2012 "Sciences, territoires et stratégies de puissance" de l'IHEST s'ouvrait (voir Science et stratégie de puissance) par une émission en public, diffusée sur France Culture, dans le cadre de Science Publique, Quel rôle joue la science dans les stratégies de puissance (2011/10/28). Cette émission est en ré-écoute ici, et le dossier complet podcast en mp3+html est offert. Son accroche :
La notion de puissance, si elle peut paraître vague a priori, se révèle fondatrice d’une part très importante de l’activité humaine. En effet, à la puissance de la nature, l’homme oppose celle qu’il a acquise grâce à la connaissance et qu’il exerce, à la fois, pour se prémunir des phénomènes naturels et pour établir son territoire. L’histoire démontre ainsi que puissance et territoire sont intimement liés. Qu’il s’agisse de celui d’une tribu, d’un royaume ou d’un Etat, les limites d’un territoire définissent le lieu où s’exerce un droit particulier qui régit l’activité des hommes qui s’y soumettent, de gré ou de force. Et la création d’un tel territoire repose, la plupart du temps, sur l’exercice d’une puissance militaire, policière, politique, culturelle et administrative. Or, et c’est la raison pour laquelle nous abordons ce vaste sujet dans Science Publique, la science joue un rôle déterminant dans la création de cette puissance génératrice de territoire.

Les exemples abondent : de la navigation qui conduit Christophe Colomb en Amérique et de la poudre qui facilite l’asservissement des populations locales, à la conquête de l’espace qui permet aux Etats-Unis de planter leur drapeau sur la Lune, en passant par la bombe atomique qui contribue à redessiner les frontières du monde après l’hégémonie hitlérienne, c’est bien la connaissance qui oriente de façon souvent décisive le cours de l’histoire et la géographie des territoires. Or, aujourd’hui, de nouveaux phénomènes apparaissent qui brouillent les cartes… La mondialisation économique se joue des frontières, Internet annule les distances, les réseaux sociaux traversent les nationalités, la finance domine la planète toute entière…

 Peut-on affirmer, comme Francis Bacon, que « la connaissance est, en elle-même, la puissance ?

Faut-il admettre avec Aldous Huxley, que « toute découverte de le science pure est subversive en puissance » et  que « toute science doit parfois être traitée comme un ennemi possible » ?

Comment interpréter les effets des développements scientifiques et techniques récents qui, après la fin de la colonisation, favorisent une forme de déterritorialisation ?

De quelle façon s’exerce aujourd’hui la puissance conférée par la science et quels nouveaux territoires dessine-t-elle ?
Si cela ne donne pas envie aux plus réfractaires des anti-scientifiques, allez jeter un œil à la Fondation Cartier pour l'exposition: Mathématiques, un dépaysement soudain, jusqu'au 18 mars 2012 :
Parmi les très nombreux mathématiciens et scientifiques qui ont contribué à la création de l’exposition, huit en ont été les maîtres d’œuvre  : SIR MICHAEL ATIYAH, JEAN-PIERRE BOURGUIGNON, ALAIN CONNES, NICOLE EL KAROUI, MISHA GROMOV, GIANCARLO LUCCHINI, CEDRIC VILLANI et DON ZAGIER. D’origines géographiques et de champs mathématiques variés, ils évoluent dans des domaines comme la théorie des nombres, la géométrie algébrique, la géométrie différentielle, la topologie, les équations aux dérivées partielles, les probabilités, l’application des mathématiques à la biologie…
Un peu d'intelligence mathématique, quand l'intelligence économique se fait secouer...

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