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dimanche 30 juin 2013

CDSE+D2IE = protection de l’information

Information
C'est un peu la suite de l'hygiène de l'ANSSIssien (guide d'hygiène informatique de l'ANSSI). Le CDSE (Club des Directeurs de Sécurité des Entreprises), avec le soutien de la D2IE (Délégation Interministérielle à l’Intelligence Économique), lance la campagne : « Protection de l’information ». Histoire de dédramatiser le sujet, la campagne s'appuie sur un visuel fun, coloré, dynamique, qui se décline en quatre affiches et cartes postales (à gauche).

Cette campagne vise à :
mettre à disposition une boîte à outils (NDLR : eh oui, c'est à la mode) destinée à toute entreprise voulant déployer auprès de ses employés une campagne de communication sur la protection de l’information. Ces outils de communication se déclinent en une série de quatre visuels (affiches et cartes postales) libres de tout droit. Ils pourront être déployés facilement dans les entreprises quelles que soient leurs tailles, mais aussi dans les collectivités publiques ou encore dans tous les lieux de savoirs.
 
Sous forme :
Le sujet reste sérieux. Le messages à l'arrière des cartes postales dit : 
Des entreprises de tous les secteurs et de toutes les tailles font l’objet d’attaques quotidiennes sur leur savoir faire, leur système d’information ou leur réputation. Trop fréquemment, ces actes d’ingérence extérieure malveillants ont des conséquences graves sur leur compétitivité, sur leur développement, et donc sur l’emploi. Chacun au sein de l’entreprise peut et doit se sentir concerné en adoptant de simples mesures de vigilance et des comportements adaptés. 
 La formule est directe : la Sécurité économique, c’est la sécurité des emplois. La raison en est simple : 
Le baromètre CDSE-Opinion Way de décembre 2012 rappelait d’ailleurs que 84 % des entreprises se déclarent être victimes de vol d’informations (voir les actes du colloque 2012 du CDSE). Protéger son savoir-faire, son système d’information ou la réputation de son entreprises, c’est maintenir sa compétitivité, c’est accompagner son développement et donc contribuer à la préservation de l’emploi.
Sans crier au protectionnisme économique, c'est peut-être une façon légère de faire propager les bonnes pratiques.
Agenda
Jeudi 4 juillet 2013 de 19h à 21h, entrée libre au 27ème Café Stratégique, Café Le Concorde, métro Assemblée Nationale, 239 boulevard Saint-Germain, cf. Agenda.

dimanche 7 octobre 2012

Pour une bonne hygiène en sécurité informatique

Information [contient une fiction réaliste]
Hormis pour les personnes vivant dans la rue, des gens sans ressources et peut-être à la marge du mouvement des freegans (ou dumpster divers, en français gratuivores ou déchétariens, communautés consommant de la nourriture jetée, hors DLC ou DLUO), c'est d'ailleurs le sujet du jour de On ne parle pas la bouche pleine !, Les nourritures des restes, avec Tristram Stuart), peu de gens s'autorisent à boire dans une canette entamée trouvée dans la rue.
Dans l'espace de travail, faites une réunion et mettez sur les tables des petites bouteilles d'eau individuelles débouchées. Vous vous exposez à un gaspillage, le plip et le clic des opercules de sécurité ou des bouchons thermo-soudés étant un gage reconnu (certes discutable) d’innocuité.

Récemment, pour un audit requis par une entreprise bien cotée à la Défense, un service gouvernemental s'était donné pour mission de prendre le contrôle en 24 heures de son réseau. Il aurait fallu deux heures, par une méthode (parmi d'autres mise en œuvre) assez basique : semer une vingtaine de clés USB perdues à l'extérieur sur le parvis. Parmi la poignée de bonnes âmes voulant rendre la clé à son utilisateur, un logiciel malin et une paire de mots de passe faibles plus loin, à 10h30, l'affaire était dans le sac. A l'autre bout du spectre, l'affaire du virus Stuxnet : The dangers of USB drives: Don't Stick It In. Le primate civil, chasseur-cueilleur depuis des millénaires, a intégré quelques réflexes de survie et d'hygiène potable et alimentaire. L'homo informaticus simplex est encore une espèce fragile, mal-computante, exposée au péril microbien numérique. L'organisme qui l'héberge (université, centre de recherche, entreprise) se doit donc d'en être conscient, et d'agir. Un boulot pour les RSSI. Et l'ANSSI a produit un document en ce sens.


Citation
En sécurité informatique, au moins 90 % des risques surviennent entre la chaise et le clavier (sagesse populaire, cf. PEBCAK)

Document
L'ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information, page wiki), dite "agence de cybersécurité" pour plus de glamour, vient de mettre en ligne :
de 40 règles de sécurité simples pour les entreprises, avec un planning de réalisation (échéance, état de réalisation). Point intérêt, une fois n'est pas coutume : le document est ouvert, vous avez jusqu'au 15 novembre 2012 pour envoyer vos suggestions à "communication [at] ssi.gouv.fr".

Liens
Comment améliorer la sécurité des clés USB en entreprise : http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/high-tech-medias/informatiques/221143439/comment-ameliorer-securite-cles-usb-ent
L’Agence de cybersécurité publie un guide d’hygiène d’informatique : http://www.zdnet.fr/actualites/l-agence-de-cybersecurite-publie-un-guide-d-hygiene-d-informatique-39783217.htm
Cybersécurité : Guide d'hygiène informatique dans les entreprises (ANSSI) : http://www.theatrum-belli.com/archive/2012/10/04/cybersecurite-guide-d-hygiene-informatique-dans-les-entrepri.html

Clés USB : pratiques mais risquées (Sécurité de l'information n°11, mars 2011) : http://www.dgdr.cnrs.fr/fsd/securite-systemes/revues-pdf/Si11.pdf
CNRS-RSSIC : Les règles élementaires de sécurité, le poste de travail, version 11 mai 2012 :
https://aresu.dsi.cnrs.fr/IMG/pdf/CNRS_-_Regles_elementaires_SSI_-_Poste_de_travail.pdf

Agenda
Un évènement passé : les Assises de la sécurité 2012, c'était hier, avec notamment les réponses sécuritaires aux défis du BYOD (Bring Your Own Device, ou les risques de l'informatique nomade personnelle quand elle pénètre l'entreprise).



lundi 23 juillet 2012

Déluge électro-numérique informationnel (déni)

Information
Cette note est inspirée du billet de Jérôme Bondu (Inter-Ligere) : Et si un déluge d’informations masquait les fondamentaux du savoir ? Il revient sur un manque certain de fondamentaux dans la population quant à la rafle du Vel d'Hiv, suite au sondage du CSA réalisé pour l’UEJF, je cite :
Il n’est pas irrationnel de craindre qu’un déluge numérique informationnel, telle une tempête de sable, ne masque les fondamentaux du savoir. Les professionnels de l’information ont -il me semble- un devoir de vigilance. 
En ajoutant "électro-(nique)" au déluge, pour l'aspect rapide, énergivore et portable, on arrive au DÉNI, un acronyme de bon  aloi pour ce Déluge Électro-Numérique Informationnel.

Citation
Il y a des indulgences qui sont un déni de justice
[Joseph Joubert, moraliste et essayiste, (1754-1824), in Carnets (tome 2) - 14 novembre 1815]

dimanche 1 juillet 2012

Intelligence, information, stratégie, décision (JAH 2012)

Information
Les 12 et 13 octobre 2011 se tenaient les journées annuelles des hydrocarbures (JAH 2011). L'atelier 7, avec Philippe Caduc (ADIT), Jean-Pierre Vuillerme (ADIT), Hervé L'Huillier (Total) et Yves Morel (Schlumberger),  y était consacré à l'intelligence économique : intelligence économique et énergie (compte-rendu). Le succès de l'épisode propose une nouvelle saison...le mercredi 10 octobre 2012.

Agenda
GEP-AFTP, Journées annuelles des hydrocarbures (JAH 2012), thème : Hydrocarbures et nouveaux équilibres énergétiques, 10 et 11 octobre 2012 (palais des congrès, Paris Porte Maillot)
Atelier n°3 : Intelligence économique : Information, Stratégie et Décision (mercredi 10 octobre 2012)
Panel et table-ronde :
  • Éric Delbecque - Institut National Hautes Études de Sécurité et de la Justice (INHESJ)
  • Stéphanie Dameron,  Directrice de la Chaire Intelligence Économique et Stratégie des Organisations de l’Université Paris Dauphine 
  • Éric Le Grand, Directeur Protection du Patrimoine - Renault
  • Jean-Marc Berlioz, Directeur de l’Éthique - Renault 
http://www.aftp.net/association/evenmtasso-fichejdp.php?id=891&onglet=2&idenf=941&detail=1

dimanche 1 avril 2012

Pharmakon et guerre 2.0 (podcast)

[MAJ20130615 : lien vers fichier mp3 corrigé]
Information
L'émission Place de la Toile du samedi 31 mars 2012 sur France Culture portait sur le sujet : "La guerre 2.0 a-t-elle commencé ?", en direct du Forum Libération à Rennes (programme). Les deux invités étaient Philippe Aigrain (PA), cofondateur de La Quadrature du Net, organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet et Jean Guisnel (JG), journaliste, spécialiste des questions (un des co-auteurs de la passionnante série documentaire Histoire des services secrets français, où les liens viennent d'être remis à jour). Cette émission m'a semblé intéressante, par une approche sous l'angle des technologies duales, c'est-à-dire à la fois civiles et militaires. Cette dualité donne aux technologies de l'information, si ce n'est un aspect schizophrène, un goût de pharmakon (concept récemment popularisé par Ars Industrialis), c'est-à-dire une substance formant poison ou remède, selon les doses, l'appropriation et le mode d'administration (au double sens : posologique ou régalien). En d'autres termes : de formidables outils de liberté et d'émancipation, et de terribles machines d'oppression en même temps.Le document du jour est une retranscription libre de ce débat, mais reportez-vous aux podcasts pour plus de sécurité.

eMedia
Le lien de ré-écoute en direct, et le podcast mp3 en téléchargement.

Citation
L'intelligence défend la paix. L'intelligence a horreur de la guerre.
[Paul Vaillant-Couturier, écrivain, journaliste et homme politique français (1892-1937) dans Au service de l'esprit (discours prononcé devant le comité central du PCF en octobre 1936, publié en brochure)]

Lien

Agenda
Jeudi 5 avril 2012, de 18h00 à 20h30 : rendez-vous de l'ICD Paris : Stratégies commerciales et intelligence économique, Comment capter et utiliser l’information stratégique pour accroître sa compétitivité et développer de nouveaux marchés ?, détails sur la page Agenda.

Document
(Rappel : transcription libre de l'émission citée plus haut)
La guerre 2.0 ne veut rien dire a priori. Il pourrait s'agir :
  1. d'une doctrine militaire, intégrant mise en réseau des hommes, des armées, des équipements
  2. d'un conflit ("classique") que les états se mènent via des réseaux (cyberguerre) et outils informatiques
  3. des groupes agissant en sous-main pour des états (guerre moins classique)
  4. d'une guerre contre d'autres territoires à conquérir (ex. : une guerre contre facebook ?)
  5. d'autres groupes, militants numériques s'attaquant par exemple à des entreprise
  6. d'une guerre de surveillance sur chaque d'entre nous.
Dès les années 1990, notion de network-centric warfare aux États-Unis, et remodelage des armées en ce sens. 

JG : intéressé à l'usage du cyberespace par les services de renseignements, avec des interventions discrètes ou secrètes. Invisiblement, ces services font évoluer le monde, sans qu'on s'en rende vraiment compte : dans les années 1980, des quantités de technologies ont été financées par les militaires, les services de renseignement. Les outils d'analyse textuelle et sémantique, les mémoires de masse, la cryptographie et la cryptanalyse, viennent tous de la sphère militaire ou du renseignement, et sont aujourd'hui passées dans la vie courante : la cryptographie opère dans la plupart des téléphones portables. Les choses se renversent depuis 20 ans, l'univers civile ayant pris une grande ampleur : par ex. l'univers du jeu vidéo sert à la simulation de combat ; une application pour iPhone servant aux tireurs d'élite.

JG : En 2006, pendant la guerre Israël-Hezbollah, les soldats israéliens pouvaient avoir des smartphones. Leurs connections étaient employées par le Hezbollah pour détecter les concentrations de militaires au Liban. Réciproquement, dans les conflits où la France est impliquée, les chefs d'unité préparant leur assaut reçoivent en direct sur le terrain sur ces mêmes smartphones des consignes en direct du chef de l'état, ce qui représente un révolution. Par ailleurs, les militaires sont désormais très connectés (cartes, GPS pour les tirs du sécurité, système FELIN, pour Fantassin à équipements et liaisons intégrés). Ces armées très technologiques ne suffisent pas toujours (cf. Afghanistan).

Une cyber-attaque eut-elle été possible en Libye (pour neutraliser les batteries anti-aériennes, etc.) Les raisons avancées (New York Times) pour ne l'avoir pas fait : 1) effet "première", 2) durée de mise en place et 3) cadre légal ; elles ne semblent guère plausible : JG : il faut vérifier ce qui est parfois relayé par médias américains venant des pouvoirs publics. Il aurait fallu avoir accès au réseau, et il n'est pas sûr que les défenses anti-aériennes russes en Libye aient été connectées. En revanche, l'action contre le réseau de maintenance des centrales iraniennes (américaine), qui n'était pas connecté, a requis une intrusion physique (avec une clé USB) sur un des ordinateurs de la maintenance.

JG : Retour sur Amesys, filiale de Bull (voir la revente annoncé de l'activité dédiée à l'interception de données sur Intenet), qui aurait vendu un système de surveillance (Eagle) à la Lybie, mais qui aurait à 99 % opéré une dérivation vers les services français. [Il y a donc du pharmakon dans ce genre d'opérations].

Eagle, le système sus-nommé, est vraisemblablement utilisée en France (avec le DPI : deep packet inspection), d'après L'espion du président.

Nicolas Sarkozy, si les états parlent peu de cyber-guerre, a annoncé publiquement cette option en France, dans un discours de juin 2008, en voulant doter la France de capacités informatiques offensives.

PA : ce discours concrétise ce qui était annoncé dans le livre blanc de la défense.
Jusqu'à la fin des années 1970, la perception sociétale sur les réseaux et l'informatique dénonce le contrôle, la surveillance. Elle culmine avec un texte d'Ivan Illitch (Le silence est un bien commun 1982, conférence à Tokyo). L'informatique aurait pour principal résultat de transformer des biens communs (des biens accessibles) en commodités (c'est-à-dire des ressources marchandes). A la même époque s'entame le processus d'appropriation de l'informatique par la société civile : production collective de savoir complexe, à grande échelle, bulletin boards.  [rappel : la racine cyber- vient de la notion de direction, de gouvernail, de contrôle]. La conscience de l'origine "surveillance" est maintenue, mais l'informatique est portée par une pulsion créative positive de ressources libres et partagées.  La première organisation citoyenne d'activistes numériques n'est pas l'EFF (Electronic Frontier Foundation), mais le Chaos Computer Club (Berlin), au début des années 1970.

En 1998, le politique réagit en retard : programme d'action gouvernemental dans la société de l'information. L'internet n'est pas juste une technologie militaire américaine. Lignes de conflits : anecdote d'un câble transmis par Wikileaks : l'ambassadeur des États-Unis rencontre Olivier Henrard, directeur adjoint de cabinet au ministère de la culture. Il lui demande, alors que la loi Hadopi est en préparation, de supprimer de la précédente loi (DADVSI) un amendement défensif, demandant à ce que les outils de protection des contenus (DRM) soient soumis (préalablement) à ce qui allait devenir l'ANSSI. Apple et le gouvernement américain ne semblaient pas favorable à cet amendement. Il lui demande aussi que la France fasse pression pour que l'Espagne adopte une loi analogue.

PA : L'intensité des conflits entre une société citoyenne et des intérêts gouvernementaux et marchands est très importante. Par exemple : les systèmes fournis à TMG (Trident Media Guard, société qui identifie les œuvres pour Hadopi) sont de même nature (même savoir-faire) que ceux qui sont fournis pour la surveillance plus étatique. Le département d'état américain finance l'outil Commotion, issu de concepts initialement développé à l'INRIA, permet à des smartphones de communiquer entre eux par Wifi, et de se propager (auto-organisation de réseau) jusqu'à accès à un réseau libre pour transmettre des données en masse (outil de résistance aux dictatures). Mais en même temps, le même gouvernement développe des projets dans le sens de la surveillance et du contrôle (PIPA, SOPA). L'attaque par déni d'accès au service, est décrit comme l'équivalent cybernétique au sitting (utilisé contre l'église de scientologie, contre les organisations financières responsables des difficultés financières de Wikileaks).

JG : sur l'interpénétration du civil et du militaire : le système qui gonfle les airbags dans les voitures est le même que celui qui large des bombelettes d'avions (armes d'interdiction de zone) : même poudre et même technologie dans les deux cas [nts : à vérifier]. Cet état de technologies duales ne fait que s'accélérer dans le monde de l'information. Il est probable qu'un élément de l'arrestation de Ben Laden soit issu de systèmes de régulation de circulation (cf. Bison futé) en les couplant à des systèmes de détection de comportements défiants (mouvements non conformes, trop rapides), pour identifier le contact entre Ben Laden et Al Jazeera (pour transmettre des cassettes vidéos). Exemple également de l'image d'images satellite. Il y a eu beaucoup de financements publics pour les moteurs de recherche, car accéder à de la recherche puissante d'information pertinente dans des masses d'information intéresse fortement les états. Souvent les militaires ayant plus de moyens, ils développent les outils de première génération.

Les États-Unis ont-ils la possibilité (juridique, légale) de demander à Google d’accéder à ses données ?
JG : naturellement, avec le Patriot Act. Il s'agit de l'intérêt national. Nous donnons généreusement à Google l'ensemble de nos recherches, à Facebook l'ensemble de nos données personnelles et notre réseau social. Notre opérateur téléphonique sait qui et où on appelle. Ces données sont accessibles à qui à le droit, et aussi qui à l'argent : par le bon intermédiaire, on obtient l'information dans la journée pour 600-1000 euros. On y associe l'information cédé à Apple : compte bancaire, numéro de téléphone, adresse physique... et si une puissance comme les États-Unis veut y accéder, ils ont tout, et rien en même temps pour l'instant car ils ont du mal encore (c'est notre chance) à gérer le volume colossal de données. Mais s'ils se donnent la peine, ils vont avoir moins de mal. [cf. le centre de stockage et de traitement de données massif de la NSA à Bluffdale]

Reste-t-il une partie qui reste opaque à nous même (donnée de la psychanalyse), qui fait que les données ne réduisent pas la personnalité ?

JG : c'est une philosophie de la transparence, qui consiste à dire que cette intimité ne m'appartient pas. Mais il faut savoir que ces informations sont facilement accessibles par des interfaces aux services de police et de renseignement. Certes il faut un mandat judiciaire. Mais ce sont parfois des informations revendues à des entreprises privées. Il est facile sans mandat : dans une procédure anti-terroriste ou autre, il est facile d'ajouter à une liste un numéro de téléphone, une adresse IP, que le juge signera sans trop savoir qui est réellement concerné. "Ça se produit 400.000 fois par jour [...] c'est une réalité".

Questions :
PA :  Rappel de la guerre sur la monnaie électronique (SWIFT et Iran) : le réseau monétaire peut-être coupé de manière centré.
Réponse sur BitCoins, très décentralisé, sécurisé, mais en baisse d'usage pour cause de gouvernance. Commotion peut s'accompagner de back-doors, ou en tous cas de niveaux "relatifs" de confidentialité.  Pour les aspects de lutte contre le streaming illégal etc., si on ne peut pas faire de pare-feu étatique ou européen efficace, on peut attaquer et porter le fer sur les annonceurs publicitaires, des intermédiaires financiers, c'est un moyen de rétorsion puissant. Cependant, cette approche n'a pas fonctionné pour couper les financements du crime organisé, car là il emprunte les mêmes circuits que ceux employés pour l'évasion fiscale des entreprises transnationales. La difficulté de les dés-anonymiser était donc très grande. Mais pour une organisation dont on voudrait faire la peau, malheureusement....

vendredi 31 décembre 2010

Hommage 2011 : ondes, radio et intelligence économique

Information
Vous allez rire, on est bientôt en 2011. En espérant que la prévision de rpapin ne se réalise pas. Cet article emprunte les tout nouveaux visuels de France Culture, gravité zéro (agence Dream On). Six nouveaux slogans dévoyés pour illustrer six contraintes en acrostiche pour une promenade thématique dans l'IE. Bonne année à tous ! (MAJ sur l'apéroskype).
Citation
Pour certains, la culture est une boucle d'oreille. Pour d'autres, c'est une oreille. [[Jean-Claude Carrière, surtout conteur (1931-toujours), Détails de ce monde, 2004, Le Cherche-Midi (ISBN 2749103096)]]
Ce 7e article, et dernier de 2011, est d'abord l'occasion d'hommages et de bouclages : en premier lieu à celui à qui je dois ce doigt de béotien dans l'engrenage de l'intelligence économique. À GeLe donc (du fait de sa discrétion), par cette citation de Jean-Claude Carrière, et celle-ci de Pierre Dac, il ne manque plus que Gorgs Prc, ce n'est que messe répétée. À MC aussi, qui tolère ma bloguitude, m'offrit l'inspiration pour La carte et le territoire, et soignera un jour, je l'espère, l'infobésité à grands coups de lipogrammes. À AC et la lumière du Nord qui s'éteint cette année, sans Descendance, et nos discussions à venir sur la cartographie et la représentation statistique des données. À CJ, pour son infatigable capacité à monter sans fin les interminables escaliers de la persuasion. À PF, pour la sémantique générale, les discutions prospectives autour des protons et les apéroskypes(*). À CD, MJR et MD pour le partage familial de gènes intelligents. À quelques activistes instantanés de la veille et de l'intelligence économique qui ont relayé les premièrs azouillis : notamment @terryzim, @actulligence, @crid, @ecran2veille, @METIS_ACIE, @s_lamour, @isakyk. Aux ondes radio enfin, raisons de mon penchant puissant pour le podcast. Cet article s'habille aux couleurs du nouveau visuel de France Culture. Les six slogans (on peut en discuter) me semblent très adaptés à la discipline d'intelligence économique :
  • Prendre de la hauteur 
  • Étonner l'esprit
  • Humer l'air du temps
  • Élargir son horizon
  • Aller au fond des sujets
  • Élever le débat
Ces injonctions vaudront probablement développement dans le futur ; dans un registre analogue, les trois qualités du veilleur (paresse rusée, curiositéimagination).

Liens
La fin de l'année est l'occasion de revisiter le thème à contrainte façon OuLiPo (Gorgs Prc encore), basé sur les différents "éléments" de Information CLADe. À l'envers :
Le plus fourni est le e de eMedia, qui collige un ensemble de podcasts radiophoniques portant sur l'intelligence économique, contribuant à la culture de l'oreille ("Le monde appartient à ceux qui l'écoutent", antique slogan de France Culture). Le D de Documents est encore le parent pauvre, pointant vers quelques sources de stockage de documents historiques et de lettres d'information. Le A de Agenda s'est étoffé d'évènements IE en 2011. Le L de Liens a tout juste été inauguré de deux synthèses récentes sur les méthodes de visualisation des données et de l'information. Au C de Citations se regroupent les sources d'inspiration de chaque article, l'intelligence émoustillant souvent l'esprit. Enfin, le chapitre Information devrait désormais chapeauter chaque article.

Agenda
Occasion rêvée, France Culture réplique (double sens) au 1/1/11 l'émission du 11/09/2010 des Répliques consacrées à La carte et le territoire de Michel Houellebecq. Cartes et territoires, enjeux majeurs de l'intelligence du XXIe siècle.


Documents
Deux synthèses récentes sur les techniques de visualisation et de représentation de l'information et des données : Information Visualisation, Keith Andrews et A Tour through the Visualization Zoo, A survey of powerful visualization techniques, from the obvious to the obscure, J. Heer et al. Plus d'information sur la page Documents.

eMedia
Alain Juillet, président de l'Académie de l'intelligence économique (podcasts mp3 : original, mediafire, source), a causé dans le poste BFM Business le 2010/12/29 dans le 12-15 de Hedwige Chevrillon. D'autres podcasts sont accessibles à la rubrique eMedia. À écouter en boucle, pour "ceux qui ont quelque chose entre les oreilles" (autre slogan passé de France Inter).

Meilleurs voeux d'intelligence radiophonique pour 2011 !

(*) Apéroskype (subst. masc.) Forme d'apéritif faisant usage des nouvelles technologies de l'information et la communication (NTiC), consistant à refaire le monde à plusieurs, autour de boissons (choisies au préalable), à l'aide d'un logiciel de messagerie instantanée (Skype, Windows Live) audio et/ou vidéo, en limitant ainsi les déplacements énergivores. "L'apéroskype, c'est l'avenir du développement durable" (Anon. 2010). Compléments : vocabulaire TIC 2009, curiosphère : vocabulaire des TIC.