dimanche 6 mai 2012

Ecrire l'histoire des services secrets

Information [MAJ20120518 : format flv d'Histoire des services secrets]
A la BiLiPo, bibliothèque de littératures policières, au nom qui fleure bon l'OuLiPo, une table ronde se tiendra samedi prochain (12 mai 2012) sur l'écriture sur l'histoire des services secrets. Une occasion de réviser sur des articles plus anciens sur l'Histoire des services secrets français, avec leurs podcasts, et un bonus.

eMedia
Quatre documentaires de David Korn-Brzoza et Jean Guisnel (France 5, 6 au 27 février 2011), sur Histoire des services secrets français (bis)
Episode 1 : Histoire des services secrets francais - l'heure des combats (1940-1960)
Episode 2 : Histoire des services secrets francais - les années chaudes de la guerre froide (1961-1981)
Episode 3 : Histoire des services secrets francais - le grand malentendu (1981-1989)
Episode 4 : Histoire des services secrets français - nouvelles guerres d'un monde nouveau (1989-2009)

En version téléchargeable (format .flv), merci à Pascal V.
Episode 1 (flv) : Histoire des services secrets francais - l'heure des combats (1940-1960)
Episode 2 (flv) : Histoire des services secrets francais - les années chaudes de la guerre froide (1961-1981)
Episode 3 (flv) : Histoire des services secrets francais - le grand malentendu (1981-1989)
Episode 4 (flv) : Histoire des services secrets français - nouvelles guerres d'un monde nouveau (1989-2009)

CulturesMonde : le monde, nid d'espions (France Culture, du 09 au 12 avril 2012), sur Intelligence, cultures monde et espionnage
Épisode 1 : http://www.franceculture.fr/sites/default/files/sons/2012/04/s15/Culture_Monde--09_04--NET_7465bd2f-98b2-46be-8e1c-aa7d2a57c611_DF.mp3
Épisode 2 : http://www.franceculture.fr/sites/default/files/sons/2012/04/s15/Culture_Monde--10_04--NET_57853264-3f07-4891-afe7-103b394ef757_DF.mp3
Épisode 3 : http://www.franceculture.fr/sites/default/files/sons/2012/04/s15/Culture_Monde--11_04--NET_2668640a-41ec-4797-b175-fdaa5046c321_DF.mp3

Épisode 4 : http://www.franceculture.fr/sites/default/files/sons/2012/04/s15/Culture_Monde--12_04--NET_e2ded1e5-7f8b-478d-a37f-6cc46276bcd3_DF.mp3

La fabrique de l'histoire, histoire du renseignement (France Culture, 4 épisodes, février 2008)

L'atelier numérique, le renseignement à l'heure du web (Bfm Business , 12 novembre 2011)

Espionnage économique : la guerre des services secrets (France 24, 2011), sur France 24 : intelligence économiquehttp://www.france24.com/fr/20110507-espionnage-economique-guerre-services-secrets-cia-fbi-dgse-dst-renseignements-france-etats-unis

et en bonus tout droit d'Europe 1 :
Dans les secrets du GIGN
25 ans dans les services secrets
Les services secrets Chinois


Agenda
Évènement (cf. Agenda) : table ronde : Comment écrit-on l’histoire des services secrets ?
Date : 15 mai 2012, 15h00 (2012/05/15)
Lieu : France, Paris, BiLiPo, Bibliothèque des littératures policières, 48/50, rue du Cardinal-Lemoine, 75005 PARIS
Information : http://www.polarhistorique.com/?p=1090

Présentation (source : http://www.polarhistorique.com/?p=1090)

Lorsque le secret et la désinformation sont la règle, comment écrit-on l’histoire du renseignement ? Dans un domaine régi par la manipulation, quelle valeur ont les archives et pourquoi les hommes de l’ombre décident-ils  parfois de porter leur savoir au grand jour ? Reconstituer l’histoire des services secrets, c’est mettre à nu des pans inexplorés de la petite et grande histoire. À l’occasion de la réception du fonds Pascal Krop sur l’espionnage, la Bilipo accueille des enquêteurs, historiens et journalistes, navigant entre brouillard et mirages.

La rencontre sera animée par Antoine Colonna, journaliste spécialiste de la Russie contemporaine et des questions liées au Renseignement. Elle réunira Roumania Ougartchinska, journaliste et essayiste, spécialiste des pays de l’Est, chargée de cours à l’Institut de criminologie de Paris, et auteur de KGB et Cie à l’assaut de l’Europe (A. carrière, 2005) et de La Guerre du gaz (éd. du Rocher, 2008), Bruno Fuligni, historien, auteur de deux ouvrages illustrés parus aux éditions L’iconoclaste, Dans les secrets de la police, 4 siècles d’histoire, de crimes et de faits divers dans les archives de la Préfecture de police (2008) et Dans les archives inédites des services secret : un siècle d’histoire et d’espionnage français (2010) et Olivier Schmidt, rédacteur en chef de la revue Intelligence on line, une publication professionnelle consacrée aux services de renseignement et aux questions d’intelligence économique, auteur de Intelligences secrètes, annales de l’espionnage (Hachette, 1988). Sera également présent Percy Kemp, consultant pour une société spécialisée dans le renseignement stratégique et plus connu pour ses romans d’espionnage parmi lesquels on peut citer Le Système Boone (A. Michel, 2002), Le Muezzin de Kit Kat (A. Michel, 2004), ou encore Noon moon, le mercredi des cendres (Seuil, 2010).

Table ronde inscrite dans le programme du festival des cultures d’Europe (détail des manifestations sur le site www.123cultures.com).

Attention : exceptionnellement, votre participation à cette table ronde nécessite une RÉSERVATION OBLIGATOIRE (inscrivez-vous en contactant la BILIPO au 01 42 34 93 00)

Bibliothèque des littératures policières, 48/50, rue du Cardinal-Lemoine, 75005 PARIS, tél : 01 42 34 93 00

INRA et IE : le vert et le gris

Information 
Le monde de la recherche s'intéresse progressivement aux méthodes de l'intelligence économique. En témoigne ce colloque autour de l'information grise organisé par INRA (institut national de recherche agronomique), un EPST (soit un établissement public à caractère scientifique et technologique). Soit l'un des destinataires du guide de l'intelligence économique pour la recherche, dont il est fait mention ici même. L'introduction de la journée est d'ailleurs donnée par Marie-Pierre Van Hoecke, adjointe au délégué interministériel – Chef du pôle recherche & innovation Délégation interministérielle à l’intelligence économique. L'alternance indique une volonté de création d'un Haut commissariat à l'intelligence économique et de renforcer le pouvoir des régions en matière d'innovation (Les échos) pour la poursuite d'une politique industrielle (Portail de l'IE).

Citation
L'homme prospère est comme l'arbre: il est entouré tant qu'il est couvert de fruits; mais sitôt les fruits tombés, tous s'éloignent à la recherche d'un arbre meilleur.
[Proverbe arabe]

Agenda
Évènement : (cf. Agenda) journée thématique Exploitation de l'information grise dans la conception et le pilotage des projets de recherche en Sciences de la Vie : Boîtes à outils et exemples de mises en oeuvre [Cette journée thématique est organisée sous l’égide de la présidence des centres INRA de Tours et d'Orléans et de la Direction de l’UMR INRA Physiologie de la Reproduction et des Comportements, en liaison avec la Délégation interministérielle à l'intelligence économique et l’UAR INRA 1266 Direction de la Valorisation / Information Scientifique et Technique. Yves Bigot en sera le modérateur.]
Date : 11 mai 2012 (2012/05/11), vendredi 11 mai 2012 - 8h15-16h45
Lieu : France, Salle de conférences du Centre Inra de Tours à Nouzilly
Information : https://colloque.inra.fr/tourstig2012
Information: http://www.poledream.org/2012/05/04/information-grise-et-pilotage-des-projets-de-recherche-en-sciences-de-la-vie/

Programme : 
  • 08h15: Accueil des participants – Café d’accueil
  • 08h45: Accueil, par Catherine Beaumont, Présidente des Centres de Tours et Orléans, déléguée régionale. Modérateur : Yves Bigot
  • 09h00: Introduction, par Marie-Pierre Van Hoecke, Adjointe au délégué interministériel – Chef du pôle recherche & innovation Délégation interministérielle à l’intelligence économique (Paris)
  • 09h30: Généralisation de la notion de KDD (Knowledge Discovery in Database), par Luc Quoniam,  Chercheur à l’Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis
  • 10h15: Méthode KDD – Principe et recherche dans de nouvelles application – De la recherche en KDD dans la littérature grise à la création de nouveaux supports, par Jean-Dominique Pierret, Manager de l’information scientifique au sein de la société Galderma R&D
  • 11h00: Pause café
  • 11h30: De l’usage des méta-analyses : le cas des plantes transgéniques, par Agnès Ricroch, Chercheur à l’Université Paris-Sud-Orsay
  • 12h15: Importance du choix des outils pour la recherche et l’analyse d’information brevets : comparaisons entre logiciels gratuits et commerciaux, Fabien Palazzoli, Université François Rabelais de Tours
  • 13h00: Déjeuner
  • 14h30: La socio-informatique à l’épreuve des corpus évolutifs, Josquin Debaz, Chercheur à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales
  • 15h15: Evolution d’un système de transfert de gènes, Fabien Palazzoli, Université François Rabelais de Tours
  • 15h45: Information, Sciences et Techniques : Missions, services et perspectives de développement, Odile Hologne, Directrice déléguée à l’information scientifique et technique de l’INRA
  • 16h15: Conclusions et échanges sur les perspectives de la journée

lundi 9 avril 2012

Intelligence, cultures monde et espionnage

Information
Captée par hasard ce matin, l'émision CulturesMonde sur France Culture parle d'espionnage industriel, avec notamment Ali Laïdi, Christian Harbulot, Daniel Schaeffer. Retours sur les affaires récentes : Valéo, Renault, Eurocopter, la politique d'innovation de certains pays de l'orient lointain. Pour la première émission, des origines lointaines du renseignement dans la Rome antique, avec les oreilles indiscrètes déguisées en marchants, à la structuration des services de renseignements (en Occident du moins) à l'heure des premières grandes places financières notamment en Italie (Gènes), l'intelligence est VRAIMENT économique. Les podcasts et rediffusions seront mis à jour sur cette page au cours de la semaine. Aujourd'hui, 4 sur 4, les mp3 gracieusement offerts par @pascalv.

Épisode 1
http://www.franceculture.fr/sites/default/files/sons/2012/04/s15/Culture_Monde--09_04--NET_7465bd2f-98b2-46be-8e1c-aa7d2a57c611_DF.mp3
Épisode 2
http://www.franceculture.fr/sites/default/files/sons/2012/04/s15/Culture_Monde--10_04--NET_57853264-3f07-4891-afe7-103b394ef757_DF.mp3
 

Épisode 3
http://www.franceculture.fr/sites/default/files/sons/2012/04/s15/Culture_Monde--11_04--NET_2668640a-41ec-4797-b175-fdaa5046c321_DF.mp3
 

Épisode 4
http://www.franceculture.fr/sites/default/files/sons/2012/04/s15/Culture_Monde--12_04--NET_e2ded1e5-7f8b-478d-a37f-6cc46276bcd3_DF.mp3
 


eMedia
CulturesMonde : le monde, nid d'espions, en 4 épisodes

Épisode 1 : 09.04.2012 ; espionnage économique, l'industrie mondiale sous l’œil de Pékin, avec le général Daniel Schaeffer, Ali Laïdi, Christian Harbulot (ré-écoute)
Les affaires qui émergent ces derniers temps en Europe et aux USA mettent bien souvent en accusation la Chine, qui serait passée maître en matière d’espionnage industriel.
Pourtant, selon l’Observatoire des attaques contre la technologie française, Pékin n’apparaît qu’en troisième ou quatrième position des classements des pays « agresseurs » (derrière les USA, l’Allemagne et la Russie).
Alors cette « Chine, Reine de l’espionnage » ne serait-elle qu’une image d’Epinal ? Quelle est la réalité de l’espionnage  économique aujourd’hui ? Qui sont ces « espions »? Quelles sont leurs méthodes ?

On en parle ce matin avec :
- Général Daniel Shaeffer, conseiller en stratégie d'entreprise à l'international (Chine-Vietnam)  
- Ali Laïdi, journaliste, chercheur associé à l'IRIS, auteur de Les Guerres économiques, Le Seuil, 2010
- Christian Harbulot, directeur de l'Ecole de Guerre Economique, co-auteur du Manuel d'Intelligence-économique, à paraître le 11 avril prochain aux PUF

Épisode 2 : 10.04.2012 ; cyber-espionnage, espionnage 2.0 : Nicolas Arpagian (La Cyberguerre), Étienne Drouard, Paul Moreira (ré-écoute)
Il y a quelques jours encore, l’ancien conseiller de la Maison Blanche pour les dossiers de cybersécurité, Richard Clarke, pointait du doigt l’implication du gouvernement chinois dans l’espionnage informatique des entreprises américaines.
Mais on sait la Chine parfaitement coutumière du cyber-espionnage de ses propres citoyens. Il suffit de penser à la grande opération de contrôle resserré lancée par la Police de la toile chinoise en février dernier : "opération brise de printemps" qui visait à "nettoyer" les pages des 300 millions d'amateurs du site de blogs chinois : weibo.
On parle ce matin de cyberespionnage, de cybermenace :
quels sont les risques auxquels sont exposés les utilisateurs mais aussi les entreprises ou même les états en matière de « cyberespionnage » ? Quels sont les moyens techniques et les cadres juridiques qui permettent d’y  faire face ?
- Nicolas Arpagian, rédacteur en chef de la revue Prospective Stratégique, enseignant à l'Institut d'études et de recherche pour la sécurité des entreprises. Auteur de La Cyberguerre. La guerre numérique a commencé, Vuibert, 2009
- Etienne Drouard, avocat associé du cabinet K&L Gates. Spécialiste de la protection juridique des données et des technologies de l'information. Auteur de rapports pour le Département d'Etat américain et pour la Commission européenne.
- Paul Moreira, grand reporter et documentariste. Réalisateur de Traqués ! Enquête sur les marchands d'armes numériques, Canal +, 2012

Épisode 3 : 11.04.2012 ; espionnage et politique, quand les médias s'en mêlent : Gérald Arboit, Damian Van Puyveld, Charlie Beckett, Pascal Mbongo (ré-écoute)

On va s’intéresser ce matin aux informations tenues secrètes par les états et qui finissent par fuiter par l’intermédiaire de médias.
On a coutume de dire que les médias sont une forme de contre-pouvoir, qu’ils ont la charge d’éviter certaines dérives et qu’ils constituent l’un des éléments indispensables au bon fonctionnement de la démocratie, notamment en révélant des affaires d’état.
Parfois on juge qu’ils ont raison de le faire, d’autres fois non ; et bien sûr chaque pays, chaque culture, possède une approche différente de la question…
Dans quelle mesure les fuites d’informations dites « secrètes » constituent-elles des instruments indispensables au bon fonctionnement démocratique ? Comment les rendre possibles et comment éviter les dérives ? Comment les journalsites doivent-ils se positionner pour traiter ce type d’information ?
On s’intéressera à plusieurs affaires : Wikileaks, News of the World mais aussi celle plus ancienne des "papiers du pentagone".
- Gérald Arboit, Docteur en histoire contemporaine, directeur de recherches au Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R)  
- Charlie Beckett (depuis Londres), directeur de Polis, le département média et communication de la London School of Economics
- Pascal Mbongo, professeur agrégé des facultés de droit à l’Université de Poitiers, président de l’Association française de droit des médias et de la culture, direction de l’ouvrage Philosophie juridique du journalisme : la liberté d’expression en Europe et en Amérique du Nord, Mare et Martin, 2011

Épisode 4 : 12.04.2012 ; renseignement au proche-orient, Israel Iran, la guerre feutrée : Alain Rodier, Percy Kemp, Jean-Marie Hosatte (ré-écoute)
De mystérieuses explosions sur des bases secrètes nucléaires iraniennes, des virus informatiques qui piratent les 30 000 ordinateurs de scientifiques travaillant sur le nucléaire, des assassinats ciblés de scientifiques travaillant sur des programmes d’enrichissement du nucléaire : les attaques se sont multipliées à l’encontre du projet iranien de nucléarisation. Tout porte à croire qu’elles ont été menées par le Mossad (« l’Institut pour les renseignements et les affaires spéciales », l’une des agences de renseignements israélienne).

Ces opérations sont la partie émergée de la « guerre froide » que se mènent les services secrets iraniens et israéliens dans la région (Le « Mossad » d’un côté et le « Vevak » de l’autre).

Quelles sont les enjeux et les modalités de cette guerre de l’ombre ? Est-elle le signe précurseur d’une guerre « ouverte » ? Quels sont les pouvoirs et les moyens des différents acteurs en présence ?

Mossad-Vevak :  une nouvelle guerre froide ?
- Alain Rodier, directeur de recherches au CF2R (Centre Français de Recherche sur le Renseignement), chargé du terrorisme et de la criminalité, spécialiste des relations Israël - Iran, auteur de Iran, la prochaine guerre ?, Ellipses, 2007 
- Jean-Marie Hosatte (depuis Jerusalem), correspondant pour Le Point, a suivi sur place l'affaire du Dubaïgate
- Percy Kemp, auteur du livre d'espionnage Le Muezzin de Kit Kat, LGF, 2006 et consultant en renseignement stratégique Middle East Tactical Studies.

dimanche 1 avril 2012

Pharmakon et guerre 2.0 (podcast)

[MAJ20130615 : lien vers fichier mp3 corrigé]
Information
L'émission Place de la Toile du samedi 31 mars 2012 sur France Culture portait sur le sujet : "La guerre 2.0 a-t-elle commencé ?", en direct du Forum Libération à Rennes (programme). Les deux invités étaient Philippe Aigrain (PA), cofondateur de La Quadrature du Net, organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet et Jean Guisnel (JG), journaliste, spécialiste des questions (un des co-auteurs de la passionnante série documentaire Histoire des services secrets français, où les liens viennent d'être remis à jour). Cette émission m'a semblé intéressante, par une approche sous l'angle des technologies duales, c'est-à-dire à la fois civiles et militaires. Cette dualité donne aux technologies de l'information, si ce n'est un aspect schizophrène, un goût de pharmakon (concept récemment popularisé par Ars Industrialis), c'est-à-dire une substance formant poison ou remède, selon les doses, l'appropriation et le mode d'administration (au double sens : posologique ou régalien). En d'autres termes : de formidables outils de liberté et d'émancipation, et de terribles machines d'oppression en même temps.Le document du jour est une retranscription libre de ce débat, mais reportez-vous aux podcasts pour plus de sécurité.

eMedia
Le lien de ré-écoute en direct, et le podcast mp3 en téléchargement.

Citation
L'intelligence défend la paix. L'intelligence a horreur de la guerre.
[Paul Vaillant-Couturier, écrivain, journaliste et homme politique français (1892-1937) dans Au service de l'esprit (discours prononcé devant le comité central du PCF en octobre 1936, publié en brochure)]

Lien

Agenda
Jeudi 5 avril 2012, de 18h00 à 20h30 : rendez-vous de l'ICD Paris : Stratégies commerciales et intelligence économique, Comment capter et utiliser l’information stratégique pour accroître sa compétitivité et développer de nouveaux marchés ?, détails sur la page Agenda.

Document
(Rappel : transcription libre de l'émission citée plus haut)
La guerre 2.0 ne veut rien dire a priori. Il pourrait s'agir :
  1. d'une doctrine militaire, intégrant mise en réseau des hommes, des armées, des équipements
  2. d'un conflit ("classique") que les états se mènent via des réseaux (cyberguerre) et outils informatiques
  3. des groupes agissant en sous-main pour des états (guerre moins classique)
  4. d'une guerre contre d'autres territoires à conquérir (ex. : une guerre contre facebook ?)
  5. d'autres groupes, militants numériques s'attaquant par exemple à des entreprise
  6. d'une guerre de surveillance sur chaque d'entre nous.
Dès les années 1990, notion de network-centric warfare aux États-Unis, et remodelage des armées en ce sens. 

JG : intéressé à l'usage du cyberespace par les services de renseignements, avec des interventions discrètes ou secrètes. Invisiblement, ces services font évoluer le monde, sans qu'on s'en rende vraiment compte : dans les années 1980, des quantités de technologies ont été financées par les militaires, les services de renseignement. Les outils d'analyse textuelle et sémantique, les mémoires de masse, la cryptographie et la cryptanalyse, viennent tous de la sphère militaire ou du renseignement, et sont aujourd'hui passées dans la vie courante : la cryptographie opère dans la plupart des téléphones portables. Les choses se renversent depuis 20 ans, l'univers civile ayant pris une grande ampleur : par ex. l'univers du jeu vidéo sert à la simulation de combat ; une application pour iPhone servant aux tireurs d'élite.

JG : En 2006, pendant la guerre Israël-Hezbollah, les soldats israéliens pouvaient avoir des smartphones. Leurs connections étaient employées par le Hezbollah pour détecter les concentrations de militaires au Liban. Réciproquement, dans les conflits où la France est impliquée, les chefs d'unité préparant leur assaut reçoivent en direct sur le terrain sur ces mêmes smartphones des consignes en direct du chef de l'état, ce qui représente un révolution. Par ailleurs, les militaires sont désormais très connectés (cartes, GPS pour les tirs du sécurité, système FELIN, pour Fantassin à équipements et liaisons intégrés). Ces armées très technologiques ne suffisent pas toujours (cf. Afghanistan).

Une cyber-attaque eut-elle été possible en Libye (pour neutraliser les batteries anti-aériennes, etc.) Les raisons avancées (New York Times) pour ne l'avoir pas fait : 1) effet "première", 2) durée de mise en place et 3) cadre légal ; elles ne semblent guère plausible : JG : il faut vérifier ce qui est parfois relayé par médias américains venant des pouvoirs publics. Il aurait fallu avoir accès au réseau, et il n'est pas sûr que les défenses anti-aériennes russes en Libye aient été connectées. En revanche, l'action contre le réseau de maintenance des centrales iraniennes (américaine), qui n'était pas connecté, a requis une intrusion physique (avec une clé USB) sur un des ordinateurs de la maintenance.

JG : Retour sur Amesys, filiale de Bull (voir la revente annoncé de l'activité dédiée à l'interception de données sur Intenet), qui aurait vendu un système de surveillance (Eagle) à la Lybie, mais qui aurait à 99 % opéré une dérivation vers les services français. [Il y a donc du pharmakon dans ce genre d'opérations].

Eagle, le système sus-nommé, est vraisemblablement utilisée en France (avec le DPI : deep packet inspection), d'après L'espion du président.

Nicolas Sarkozy, si les états parlent peu de cyber-guerre, a annoncé publiquement cette option en France, dans un discours de juin 2008, en voulant doter la France de capacités informatiques offensives.

PA : ce discours concrétise ce qui était annoncé dans le livre blanc de la défense.
Jusqu'à la fin des années 1970, la perception sociétale sur les réseaux et l'informatique dénonce le contrôle, la surveillance. Elle culmine avec un texte d'Ivan Illitch (Le silence est un bien commun 1982, conférence à Tokyo). L'informatique aurait pour principal résultat de transformer des biens communs (des biens accessibles) en commodités (c'est-à-dire des ressources marchandes). A la même époque s'entame le processus d'appropriation de l'informatique par la société civile : production collective de savoir complexe, à grande échelle, bulletin boards.  [rappel : la racine cyber- vient de la notion de direction, de gouvernail, de contrôle]. La conscience de l'origine "surveillance" est maintenue, mais l'informatique est portée par une pulsion créative positive de ressources libres et partagées.  La première organisation citoyenne d'activistes numériques n'est pas l'EFF (Electronic Frontier Foundation), mais le Chaos Computer Club (Berlin), au début des années 1970.

En 1998, le politique réagit en retard : programme d'action gouvernemental dans la société de l'information. L'internet n'est pas juste une technologie militaire américaine. Lignes de conflits : anecdote d'un câble transmis par Wikileaks : l'ambassadeur des États-Unis rencontre Olivier Henrard, directeur adjoint de cabinet au ministère de la culture. Il lui demande, alors que la loi Hadopi est en préparation, de supprimer de la précédente loi (DADVSI) un amendement défensif, demandant à ce que les outils de protection des contenus (DRM) soient soumis (préalablement) à ce qui allait devenir l'ANSSI. Apple et le gouvernement américain ne semblaient pas favorable à cet amendement. Il lui demande aussi que la France fasse pression pour que l'Espagne adopte une loi analogue.

PA : L'intensité des conflits entre une société citoyenne et des intérêts gouvernementaux et marchands est très importante. Par exemple : les systèmes fournis à TMG (Trident Media Guard, société qui identifie les œuvres pour Hadopi) sont de même nature (même savoir-faire) que ceux qui sont fournis pour la surveillance plus étatique. Le département d'état américain finance l'outil Commotion, issu de concepts initialement développé à l'INRIA, permet à des smartphones de communiquer entre eux par Wifi, et de se propager (auto-organisation de réseau) jusqu'à accès à un réseau libre pour transmettre des données en masse (outil de résistance aux dictatures). Mais en même temps, le même gouvernement développe des projets dans le sens de la surveillance et du contrôle (PIPA, SOPA). L'attaque par déni d'accès au service, est décrit comme l'équivalent cybernétique au sitting (utilisé contre l'église de scientologie, contre les organisations financières responsables des difficultés financières de Wikileaks).

JG : sur l'interpénétration du civil et du militaire : le système qui gonfle les airbags dans les voitures est le même que celui qui large des bombelettes d'avions (armes d'interdiction de zone) : même poudre et même technologie dans les deux cas [nts : à vérifier]. Cet état de technologies duales ne fait que s'accélérer dans le monde de l'information. Il est probable qu'un élément de l'arrestation de Ben Laden soit issu de systèmes de régulation de circulation (cf. Bison futé) en les couplant à des systèmes de détection de comportements défiants (mouvements non conformes, trop rapides), pour identifier le contact entre Ben Laden et Al Jazeera (pour transmettre des cassettes vidéos). Exemple également de l'image d'images satellite. Il y a eu beaucoup de financements publics pour les moteurs de recherche, car accéder à de la recherche puissante d'information pertinente dans des masses d'information intéresse fortement les états. Souvent les militaires ayant plus de moyens, ils développent les outils de première génération.

Les États-Unis ont-ils la possibilité (juridique, légale) de demander à Google d’accéder à ses données ?
JG : naturellement, avec le Patriot Act. Il s'agit de l'intérêt national. Nous donnons généreusement à Google l'ensemble de nos recherches, à Facebook l'ensemble de nos données personnelles et notre réseau social. Notre opérateur téléphonique sait qui et où on appelle. Ces données sont accessibles à qui à le droit, et aussi qui à l'argent : par le bon intermédiaire, on obtient l'information dans la journée pour 600-1000 euros. On y associe l'information cédé à Apple : compte bancaire, numéro de téléphone, adresse physique... et si une puissance comme les États-Unis veut y accéder, ils ont tout, et rien en même temps pour l'instant car ils ont du mal encore (c'est notre chance) à gérer le volume colossal de données. Mais s'ils se donnent la peine, ils vont avoir moins de mal. [cf. le centre de stockage et de traitement de données massif de la NSA à Bluffdale]

Reste-t-il une partie qui reste opaque à nous même (donnée de la psychanalyse), qui fait que les données ne réduisent pas la personnalité ?

JG : c'est une philosophie de la transparence, qui consiste à dire que cette intimité ne m'appartient pas. Mais il faut savoir que ces informations sont facilement accessibles par des interfaces aux services de police et de renseignement. Certes il faut un mandat judiciaire. Mais ce sont parfois des informations revendues à des entreprises privées. Il est facile sans mandat : dans une procédure anti-terroriste ou autre, il est facile d'ajouter à une liste un numéro de téléphone, une adresse IP, que le juge signera sans trop savoir qui est réellement concerné. "Ça se produit 400.000 fois par jour [...] c'est une réalité".

Questions :
PA :  Rappel de la guerre sur la monnaie électronique (SWIFT et Iran) : le réseau monétaire peut-être coupé de manière centré.
Réponse sur BitCoins, très décentralisé, sécurisé, mais en baisse d'usage pour cause de gouvernance. Commotion peut s'accompagner de back-doors, ou en tous cas de niveaux "relatifs" de confidentialité.  Pour les aspects de lutte contre le streaming illégal etc., si on ne peut pas faire de pare-feu étatique ou européen efficace, on peut attaquer et porter le fer sur les annonceurs publicitaires, des intermédiaires financiers, c'est un moyen de rétorsion puissant. Cependant, cette approche n'a pas fonctionné pour couper les financements du crime organisé, car là il emprunte les mêmes circuits que ceux employés pour l'évasion fiscale des entreprises transnationales. La difficulté de les dés-anonymiser était donc très grande. Mais pour une organisation dont on voudrait faire la peau, malheureusement....

jeudi 22 mars 2012

Guide de l'intelligence économique pour la recherche 2/2

Aujourd'hui, un rapide compte-rendu du colloque "Quelle politique d'intelligence économique pour la recherche ?" tenu il y a dix jours. Une de ces journées on l'on se rappelle de l'importance de la vision globale contre l'immédiateté. Qu'un meilleur échange entre monde de la recherche et monde industriel ne peut pas faire de mal après tout. Il faudrait des conditions : notamment qu'entre le système de grandes écoles qui irrigue le monde de l'entreprise et l'univers universitaire qui fait percoler la recherche, il ne soit plus temps de se quereller, de se mépriser ou de se craindre. Ni même juste de s'ignorer. L'intelligence, c'est (de) relier.

Document
Le MESR (ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche) accueillait donc ce mercredi 14 mars après-midi une centaine de participants, issus du monde de la recherche notamment, pour l'annonce et la diffusion du guide de l''intelligence économique pour la recherche. Enfin presque, car les Échos avaient diffusé le midi même une pré-version sous format SlideShare. Ce soutien du MESR fait écho inverse à l'histoire des 20 ans de l'intelligence économique française, où Édith Cresson rappelait les difficultés du groupe qui allait produire à partir de février 1992 le rapport dit Martre. On y raconte en effet (vidéo partie 1) que dans ce groupe de 55 personnes qui s'était réuni de 1992 à 1993, le ministère des Affaires étrangères était absent, celui de l'industrie silencieux, et que le ministère de la recherche s'était retiré du rapport sur la fin.

Autres temps, autres mœurs, se prend-on à espérer. La question du "pourquoi un guide de l'IE à destination de la recherche" reçoit une réponse détaillée dans cette présentation : elle tient aussi en quelques lignes. Si l'innovation est le moteur de la croissance, alors les établissements de recherche, à la source de cette innovation, sont acteurs et créateurs d'un patrimoine scientifique à protéger et à valoriser, dans un cadre national et communautaire, en cohérence avec la nature publiée (sinon publique) des résultats de la recherche et les collaborations internationales qui s'y forment. En bonus était offert le référentiel de formation Intelligence Économique et nouveaux risques du 21e siècle, diffusé début janvier 2012.

Le groupe de travail (de 9 à 20 personnes selon la météo) qui s'est réuni de 2011 à février 2012 sous le pilotage de la délégation interministérielle à l'intelligence économique (D2IE et notamment Marie-Pierre van Hoecke) comporte, au final, le patronage de six ministères et des établissements, organismes et institutions suivants : ANSSI, SGDSN, Gendarmerie nationale, DCRI, SCIE, Afnor, CEA, CNRS, CPU, FIST, IFP Energies nouvelles (Christine Jouclas, Laurent Duval), Inpi, INSA Lyon, Inserm, Oséo et l'UPMC

Le guide de l'intelligence économique pour la recherche (on lui donnera le petit nom de GIER pour la suite), et dont vous avez eu primeur ici (un grand merci à @Portail_IE, Arnaud Pelletier et Drakkar Online pour le coup de pouce sur les clics), ayant rapidement diffusé sur l'internet, par exemple sur :
voici un bref compte-rendu mêlé de commentaires de cet après-midi.

Roger Genet, directeur général pour la recherche et l'innovation (MESR) a introduit le sujet sur l'ubiquite Chine, et de l'évolution de sa part de 1,7 % en 1995 a 8.8 % en 2008 dans les publications mondiales [quant aux données citées, caveat emptor], et de 7 % en 2002 à 21 % en 2008 en parts de marché pour l'industrie électronique, et de mentionner l'importance de la recherche et de l'innovation comme moteur de la stratégie de puissance. Il rappelle que sur les 35 MM d'euros des investissements d'avenir, 22 MM sont destinées à l'enseignement et la recherche.

Olivier Buquen, récemment nommé préfet, souligne que ses adjoints viennent de cinq ministères différents. Le pourquoi du rapport ?
  1. la recherche publique irrigue le tissu industriel. Les deux écosystèmes, la recherche et l'industrie, doivent donc fonctionner en complémentarité ;
  2. la recherche a une place naturelle dans l'IE, appartenant au patrimoine national, car l'état finance la recherche publique ;
  3. l'IE peut aider la recherche par structuration de sa pensée stratégique dans les domaines scientifiques.
Toutes les recommandations semblent "de bon sens", aussi l'originalité du rapport, en à peine 58 pages, en cinq fiches joliment colorées (Veille stratégique, Gestion du patrimoine immatériel, Politique de sécurité des systèmes d'information, Développement de l'interface entre recherche publique et contexte économique et Politique internationale) réside dans leur assemblage pour en donner une vision d'ensemble. Certes, certains secteurs de certains établissements "plus avancés" sur certains points n'y découvriront pas forcément la lune, mais l'essentiel est que les bonnes pratiques infusent le monde des chercheurs et enseignants, où la connaissance des concepts d'intelligence économique est pour le moins inégale, et que les professionnels de la profession, qu'il s'agisse des services de veille ou de sécurité des systèmes informatique, ne restent pas retranchés dans leurs casemates. L'objectif du guide : il est destiné à aider la gouvernance de ces établissements à définir une charte de l’IE dans leur structure, dans 1) l'intérêt de l'établissement, 2) celui des chercheurs, et enfin 3) l'intérêt général. Ce guide ouvre un espace de 18 mois d'expérimentation pilote sur les sites du CEA de Grenoble, l’INSA de Lyon et l’Université de Saint-Étienne.

Christian Estève, chef du service des entreprises, etc. (MESR) a fait une intervention inspirée de son passé dans l'industrie automobile (Dacia). "Il est banal de dire que le monde est global. Dans celui-ci, l'IE est un instrument de meilleure compréhension. Il permet [s'excusant sur le jeu de mots] de devenir économiquement intelligent." Pour lui, les cinq fiches ont la vertu de la simplicité. L'intelligence économique offre une capacité d'entendre et de voir avec humilité, comme il l'a appris de ses collègues roumains (la frugalité notamment), ne disposant que de 35 millions d'euros pour développer la Dacia Solenza. Il insiste sur les qualités d'humilité, de curiosité et de rigueur intellectuelle. Mais l'humilité et le goût du détail ne doivent pas mener à la naïveté. Ainsi l'intelligence économique est un comportement à diffuser, mais aussi à mesures, pour en éviter les dérives.

La table ronde, animée par Arnaud Kalika, a pour axe une real-politik de la connaissance. B. Bigot rappelle qu'il ne suffit pas de déposer des brevets, il faut encore les gérer. Dans la dernière liste de 2010, des déposants français, le premier et le deuxième sont des constructeurs automobiles (PSA peugeot Citroën et Renault) suivis de L'Oréal, et talonné en 4e position par le CEA. La donne change en 2011 : si PSA reste premier, le CEA passe en 3e position au palmarès des brevets, et est même le 1er déposant français en 2011 dan le monde sur l'annonce de mars 2012 du WIPO. Si l'on ajoute la stratégie de puissance, annoncée plus loin, consistant à fixer des quotas par laboratoire, notamment dans le site pilote du CEA Grenoble. IFP Energies nouvelles reste globalement dans les F premiers, en base 16, avec un excellent ratio brevette/chercheur (ou brevet/chercheuse).

E. Maurincomme, de l'INSA de Lyon, souligne que  l'autonomie du chercheur est totalement compatible avec la démarche d'IE. 

A ce moment, je lève les yeux au mur de la salle Hubert Curien, pour découvrir la citation de ce billet :

Citation
Je voudrais revenir sur terre, un instant, dans mille ans, juste le temps de voir ce que trente générations de savants auront su découvrir, et entendre ce que les hommes de science seront alors en humeur de dire.
[Hubert Curien : 1924-2005, ministre de la recherche et de la technologie, 1984-1986 / 1988-1992 puis de la recherche et de l'espace 1992-1993]

Y. Lapierre (INPI) indique qu'aujourd'hui 80 % du patrimoine déclaré par les entreprises de l'ODCE
est immatériel. De plus, la PI, ce n'est pas seulement des brevets, pour lequels il faut pouvoir démontrer la copie (et qui ne sont donc pas toujours le meilleur moyen de protection) : il faut également penser au dépôt de marques, de modèles, etc. Qui plus est, il faut une structure visible de défense de la PI pour être crédible. Pour être plus réactif, l'Europe met actuellement en place la traduction automatique de brevets chinois, coréens, japonais.

Olivier Peyrat (AFNOR) rappelle (ou invente ?) un dicton allemand : "qui fait la norme fait le marché". Il faut déclarer ses brevets avant d'entrer dans un processus de normalisation, c'est-à-dire laisser ses armes au vestiaire, et accepter de céder des licences d'exploitation à des prix unitaires plus faibles, mais à diffusion potentiellement plus massive. On passe ainsi de l'épicerie fine à la grande distribution. C. Borg-Capra (Oséo) insiste notamment sur une meilleure exploitation des technologies dormantes. Il existe désormais France brevets, structure de capital risques, visant à trouver les secteurs potentiels de développement des applications dormantes. C. Teyssandier (CNRS) rappelle que si le CEA impose un engagement de secret à ses employés, l'engagement du CNRS est tout le contraire. Malgré cela, dans la stratégie de recherche, de publications et  d'évaluation, il souligne que le brevet est pleinement compatible avec la publication, car :
  1. le brevet est de facto une (forme de) publication ;
  2. la durée de publication des articles dans des revues "estimées" a désormais des délais temporels compatibles avec celui du dépôt de brevets.
J. C. Guibert (CEA) évoque la mise en expérimentation des préconisations du GIER sur le site pilote de Grenoble autour des pôles : santé, information, énergie. Il rappelle qu'il faut désormais former les jeunes ingénieurs à la veille, car les jeunes veillent sur Google, et ce n'est pas brillant. La systématisation de benchmark (étalonnage ou parangonnage pour les puristes) de compétiteurs, le retour imaginable du rapport de mission écrit et oral qui avait disparu par exemple. [Et j'ajoute ici le rapport d'étonnement.] Il y aura des objectifs de brevets par laboratoire : 24-25 millions d'euros par an pour la politique brevets, c'est un investissement, au même titre qu'un gros instrument. Il faut veiller à orienter les vecteurs d'intérêt des chercheurs.

A. Kalika cite la mise en œuvre et création d'une sorte de DARPA russe (agence de recherche en technologies militaires, à l'instar de l'agence américaine).

L'importance des normes est ensuite soulignée, avec une volonté de valoriser le temps passé par les experts et chercheurs à la participation aux normes, afin que ce temps soit valorisé lors des évaluations.
Ch. Largeron (univ. Saint-Étienne) qui fera partie du groupe de mise en œuvre pilote, évoque la formation à Saint-Étienne pour les étudiants en thèse sur la veille, mais pas seulement : il existe un référentiel de l'université de Saint-Étienne pour l'ensemble des étudiants. La première étape pour l'INSA de Lyon : calcul, estimer le niveau initial, car la culture de l'IE est hétérogène dans les laboratoires.

Le Ministère de l’Industrie, de l’Energie et de l’Economie numérique a signé trois conventions bilatérales entre la Délégation interministérielle à l’intelligence économique (D2IE), l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) et le Groupe AFNOR.

Ces trois conventions visent à renforcer la coopération des trois institutions en matière de sensibilisation des entreprises et des établissements de recherche aux problématiques d’intelligence économique, de propriété industrielle et de normalisation.

Conscients de la convergence d’intérêt qui les unit, la D2IE, l’INPI et AFNOR se sont ainsi engagés à agir de concert sur trois thématiques clés pour la compétitivité de la France :

- l’accompagnement des entreprises et particulièrement des PME, afin de faciliter leur démarche d’innovation, en termes de protection et de diffusion des innovations ;
- le développement d’actions de sensibilisation, de formation et d’outils pédagogiques communs ;
- le renforcement de leur coopération en matière d’analyse prospective et de veille stratégique, via des échanges d’informations plus systématiques.
Agenda
Suivant Hubert Curien, non pas dans mille ans, nous n'aurons pas le temps, mais dans 36 mois, après le retour d'expérience du groupe pilote, où en sera l'intelligence scientifique, ou l'IE pour la recherche, je suis curieux. D'ici là, diffusons...

mercredi 14 mars 2012

Guide d'Intelligence économique pour la recherche 1/2

[MàJ20120317] Le guide de l'IE pour la recherche (pdf) est enfin disponible (merci au commentaire anonyme) sur le  portail de l'économie, des finances et de l'industrie.

Et voici une autre version pdf téléchargeable du guide de l'intelligence économique pour la recherche, assorti d'une présentation succincte. (disponibles sur la page iCLADe Documents) Cette parution était annoncée dans Intelligence économique (et scientifique) pour la recherche, à l'occasion du colloque "quelle politique d'intelligence économique pour la recherche" qui s'est  tenu cet après-midi mercredi 14 mars 2012. Je reviendrai ultérieurement sur le programme et les discussions, mais sachez que le guide a également été diffusé sur le site des Échos : Le guide de l'intelligence économique pour la recherche. En espérant que les chercheurs et les universitaires lisent ce noble journal, pour une diffusion optimale.
Il est construit en cinq grandes fiches :
  • Veille stratégique
  • Gestion du patrimoine immatériel
  • Politique de sécurité des systèmes d'information
  • Développement de l'interface entre recherche publique et contexte économique
  • Politique internationale.
Guide de l'Intelligence Économique pour la Recherche en version slideshare (pour ceux qui aiment) en plein écran (mais d'assez mauvaise qualité) : http://www.slideshare.net/slideshow/embed_code/12001563
Le dossier était accompagné du référentiel Intelligence économique et risques du 21e siècle.

Liens complémentaires :
Guide de l’Intelligence Économique pour la Recherche (Cybercriminalité, identité numérique et ordre public sur Internet )
Guide de l'Intelligence Economique à destination de la recherche (Greyhat)
Olivier Buquen (D2IE) : « La recherche publique est de plus en plus pillée » 
Article de Réseau Basse-Normandie IE (intelligence économique) : Guide de l'Intelligence Économique pour la Recherche réalisé par la Délégation interministérielle à l’intelligence économique (D2IE), avec le fichier pdf
Les ressources du SCIE (Sercice de coordination à l'intelligence économique)
 Alsace BioValley : Consultez le guide de l’Intelligence Économique pour la Recherche, avec lien pdf

vendredi 2 mars 2012

Guide d'intelligence économique (et scientifique) pour la recherche

Mise à jour (2012/03/14) : le guide d'intelligence économique pour la recherche est disponible sur la page : Guide d'Intelligence économique pour la recherche


Information
La mise en place d'une stratégie d'intelligence économique concerne bien entendu les grands groupes industriels, les PME-PMI-TPE, ainsi que l'état et le domaine public, notamment via la politique publique d'intelligence économique. Et par conséquence la structuration d'une offre de formation ou simplement de sensibilisation des étudiants est nécessaire pour donner accès à ces entités à des esprits jeunes et bien formés aux défis d'une société de l'information et de la culture numérique.

Il est un autre monde auquel l'intelligence économique peut sembler domaine étranger a priori, celui de la recherche scientifique, de la science avec un petit "s", qui a pu se sentir un peu délaissé des instances nationales. Même s'il existe une intelligence scientifique et technique, même si la veille technologique fait partie inhérente du métier. Même si la méthode scientifique présente quelques analogies avec le fameux cycle de l'information. C'est pourtant une pièce vitale d'une compétitivité économique accrue (ou simplement retrouvée), alimentée par l'innovation, avec un patrimoine scientifique et technique (PST ) méritant d'être soigné, d'être valorisé et d'être protégé (cf. Protection du patrimoine scientifique et technique et intelligence économique), en cohérence avec la nature publique des résultats de la recherche, en rappelant que la publication (scientifique) consiste à rendre public (ce qu'on peut voir comme une forme de lobbying dans tout son sens positif), et le caractère de coopération internationale démultipliant le progrès scientifique (cf. le label Intelligence économique pour les pôles de compétitivité).

La pose d'une première brique solide pour une politique et une stratégie d'intelligence économique pour la recherche me tient donc particulièrement à cœur,
  1. pour faire partie de ce monde (sur le traitement des données numériques, de signaux, de images, et notamment sur la détection des signaux faibles dans des mesures expérimentales bruitées, dans différents domaines applicatifs), et surtout 
  2. pour avoir participé au groupe de travail qui s'est attaché pendant un an à rédiger ce "guide de l'intelligence économique pour la recherche". 
Ce guide sera présenté dans deux petites semaines dans le colloque "Quelle politique d'intelligence économique pour la recherche ? (voir la page Documents/Guides IE)

Citation
La science est l'esthétique de l'intelligence.
[Gaston Bachelard (1884-1962), philosophe des sciences, La Formation de l’esprit scientifique (1938)]

Agenda (cf.  iCLADe : Agenda)
Évènement : Colloque "Quelle politique d'intelligence économique pour la recherche ?" proposé par Laurent Wauquiez, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. Olivier Buquen présentera à cette occasion le "guide de l'intelligence économique pour la recherche" (cf. page iCLADe : Documents, section guides IE) coordonné par Marie-Pierre Van Hoecke, D2IE (Délégation interministérielle à l'intelligence économique), Adjointe au délégué, chef du pôle Recherche et innovation
Date : mercredi 14 mars 2012, 15h30 (2012/03/14)
Lieu : France, Paris, ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, salle Hubert Curien, 21 rue Descartes, Paris 5e
Information : envoi d'invitation par mail
 
eMedia
Une occasion d'exhumer (à nouveau) les deux épisodes sur la science et la stratégie de puissance dans Science et stratégie de puissance et Science et stratégie de puissance (bis) à l'occasion de l'ouverture du cycle 2011-2012 "Sciences, territoires et stratégies de puissance" de l'IHESTet le podcast mp3+html associé : http://www.mediafire.com/file/ta6s559937whey3/FrC_20111025_Science-publique_Role-science-strategie-puissance.zip disponible sur la page iCLADe eMedia.

Documents
Une occasion, encore, de mettre à jour la page des Documents sur l'IE avec quelques guides pratiques et des documents plus poussées sur l'intelligence économique, et à venir celui annoncé plus haut sur la recherche, après publication officielle.